samedi 21 janvier 2012

La chance de Joseph Meister

Joseph Meister tel était le nom de ce petit berger alsacien de neuf ans mordu par un chien enragé auquel Louis Pasteur inocula à treize reprises le vaccin contre la rage. Inconscience totale, risque inconsidéré pris par un chercheur aventureux, avide de publicité n’hésitant pas à faire prendre des risques à un pauvre enfant démuni.   
         Quelques années auparavant ce même Pasteur était brocardé par tous les biens pensants de l’époque, pour ses travaux sur la génération spontanée. Les intellectuels  l’accusant d’être à la solde de parti-pris idéologique (Pasteur était chrétien), comme on accuse actuellement d’autres chercheurs sans doute trop avant-gardistes d’être à la solde d’hypothétiques multinationales.
         Il conduisit également des travaux fondamentaux sur la fermentation et les levures. Imaginez l’impact qu’aurait pu avoir le principe de précaution sur l’application de ces découvertes s’il avait existé à l’époque. 
Il se serait forcement trouvé un quidam pour imaginer tout les effets néfastes sur l’estomac... Estomac qui assurément sous l’effet des levures pourrait dans certains cas exploser.
         Revenons au vaccin anti rabique et à l’annonce de l’événement si nos moyens de communication avaient existé à l’époque. Je n’ose même pas imaginer ce qui aurait pu être dit au journal télévise s’il avait existé. Le  présentateur vedette de l’époque aurait annoncé que l’on a inoculé à un pauvre garçon le miasme de la rage prétendant, voir affirmant, que ceci va le guérir. Le buzz créé par un tel évènement aurait pu tuer le pauvre gosse de peur avant que le vaccin ne le guérisse.
         Heureux Joseph Meister d’être né avant que la société impose le principe de précaution et que les moyens de communication permettent à l’information (et à son interprétation) de faire le tour du monde en quelques minutes.
                                                        Hervé Pillaud

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire