samedi 18 février 2012

« Jazzella » ma reine de Paris

Dans une semaine, va s’ouvrir le salon de l’agriculture. Des centaines d’éleveurs s’affairent déjà de part la France pour préparer veaux, vaches, cochons, mouton, chèvres et autres couvées. Elles seront les plus belles, désirables pour le jury, magnifiques pour le public. Cette année nous ne serons pas du voyage,  la sélection pour le concours national nous a laissé à la maison. 
Le salon de l’agriculture nous aura tout apporté, le meilleur et le pire, le championnat de pis pour  Vitallia l’année dernière et le cauchemar d’une nuit de février 2006   sur une route de Loire atlantique. 
Les meilleurs souvenir, resterons je pense les moments passé avec Jazzella, vache mythique de notre élevage. Sa photo offerte par les éleveurs de Franche-Comté trône sur le fronton de notre salle de traite comme pour nous rappeler chaque matin ce que nous lui devons. Elle portait le N° 8594002222, je m’en souviens toujours, je l’ai inscrit tant de fois sur des fiches d’engagement de concours. Elle était née le 10 février 1994. Elle a fait six voyages à Paris, par trois fois elle ramena le sésame. Elle nous donnera trois fils, Mistouflon, Ojolly et Usrock, ils ont participé tous les trois à la réputation de la Montbéliarde.  Elle nous laissera sept filles et produisit au cours de sa vie 110000 litre de lait. Carrière exemplaire pour une vache d’exception.
Elle m’a fait parcourir la France entière, de Besançon à Rennes en passant par Vesoul, Épinal et bien sur Paris. Ses derniers voyages à la capitale, elle descendait du camion et me suivait sans que je la tienne par la longe pour regagner sa place. Matin et soir je partais devant, mains dans les poches vers la salle de traite, je lui demandais de monter sur le quai et sans l’attacher elle se laissait traire. Ensemble nous retournions ensuite vers sa place. Si tôt attachée, elle plongeait la tête dans son auge pour y trouver réconfort, puis se couchait, gardant fièrement la tète haute, les oreilles tendues. Elle se mettait alors à ruminer pas plus stressée qu’à la maison. Les lumières du grand barnum éteinte, elle posait sa tète sur son épaule, s’endormait en rêvant aux sunlights du podium.
Elle a fini sa vie chez nous. Ses dernières années, elle les a passé dans les prés de la Pitardiere, accompagnant les troupeaux de génisses comme pour leur laisser la mémoire des fastes des années de gloire. Un matin de Mars en 2009 elle s’est éteinte en silence sur la couche qui lui était réservée dans la stabulation. C’était un dimanche, la veille, Vitallia venait de remporter son premier championnat au concours départemental. Jazzella n’avait plus rien à faire, une autre était là, le relai était passé.
Mélancolie désuète peut être, mais assurément, souvenir d’adrénaline accumulée durant des heures avant un concours puis libérée par la jouissance de la victoire ou quelques fois retombée après un mauvais classement. Rêve de fonte d’aluminium, c’est sur, mais ça…

Hervé Pillaud


dimanche 12 février 2012

Quel avenir pour l'enseignement agricole, acteur des territoires ruraux?

Table ronde Jean Viard, JP Delevoy, Sonia Mabrouk, Nicolas Forisier, Xavier Beulin 

A l'heure ou nous assistons à de grandes mutations dans les rapports urbain ruraux, ou la ruralité  s'interroge, l'enseignement agricole doit continuer à affirmer ses valeurs, " il faut mettre un visage sur la production alimentaire, prendre en compte ce que représente l'agriculture : 15% des emplois de ce pays" nous dit Xavier Beulin et de renchérir "l'enseignement agricole doit continuer sa mission d'insertion dans la société"
Trois grands thèmes se dégagent de cette table ronde :

L'enseignement agricole doit être développeur d'identité, "la tentation d'harmoniser les territoires est une erreur" dit Xavier Beulin nous devons garder nos diversités. Les territoires sont pluriels, ils ont chacun leur spécificités. La prise en compte des atouts de chacun d'eux permet de les valoriser au mieux. "Chacun ne peut s'épanouir que dans ce qu'il est" rajoute Jean Viard.
Dans un monde en crise il sort également de cette table ronde qu'il est nécessaire de donner confiance. Nous devons intégrer la crise économique non pas pour la subir mais pour construire. Il faut former des jeunes pour trouver des solutions. "combattre la mésestime de soi" nous dit Jean Paul Delevoy.
Le troisième élément qui sort de cette matinée ne va pas de soi mais il est un facteur essentiel de nos réussites futures : " il faut mettre les professeurs au milieu du groupe, ils doivent devenir des jardiniers de l'espérance" affirme le président du CESE. Les jeunes que nous formons doivent devenir des acteurs de leur territoire. "il faut plutôt faire adhérer que contraindre" affirme Xavier Beulin.
Les établissement de formation agricole doivent être en harmonie avec leur milieu. Il faut créer des conventions de partenariat, avoir des projets pédagogiques en relation avec les réalités du terrain, créer une relation durable territoire/culture. L'enseignement agricole doit être un facteur d'influence de l'agriculture.
Hervé Pillaud