samedi 24 mars 2012

Les sons que j’aime entendre


Sans que j’en sois vraiment conscient, il y a des sonorités qui me sont agréables. Certaines représentent les meilleurs moments de ma vie, d’autres reviennent chaque année comme si elles étaient le signe d’une renaissance. Il y a les mélodies que  j’aime à écouter, à entendre plutôt, ces mélodies sont là, même si l’oreille est distraite. Ces voix, ces bruits, ces musiques m’accompagnent comme de fidèles compagnes, elles sont présentes quand j’ai besoin, les retrouver m’est agréable, leur souvenir m’est précieux.    
J’aime à entendre les voix qui me sont chères. Les plus belles qu’il m’a été donné d’entendre sont celles du premier cri de mes fils, premier signe de leur accès à la vie. Je garde au fond de moi la voix de leur mère penchée sur le berceau pour calmer leurs pleurs. J’aime cette même voix le soir  quand je rentre du travail, elle me raconte sa journée, sans jamais se plaindre de mon absence. J’aime la voix de mes fils quand ils passent à la maison nous disant « coucou, c’est nous », la voix d’Amandine qui emplie la maison de sa gouaille de fille de la mer. J’aime la voix de mon père, assis sur son banc le samedi me demandant ou je suis allé, ce que j’ai fait durant la semaine, la voix de ma mère me disant que je dois faire attention, que je ne me repose pas assez. Ces voix sans être écoutées je les entends, elles sont celles de la vie.
J’aime à entendre les chuchotements  du printemps, ils sont les premiers signes de la campagne qui se réveille. C'est d'abord  le silence de l'hiver qui peu à peu disparait avec le gazouillis des oiseaux. J’aime entendre le matin le coucou chantant trois jours en mars trois jours en avril. J’aime entendre mon jars dans sa mare qui, bien avant que le soleil ne se lève, appelle son oie  imaginant assurément que la saison de copuler est arrivée. J’aime l’appel de mes Montbéliardes qui meuglent le matin devant une auge pleine, plus attirées par l'herbe du pré que par les fourrages que je leur sers. Chaque année revient comme un bégaiement le chuchotement de la fin d'hiver, il devient invitation de mon jars à son oie puis meuglement de mes vaches qui s'impatientent, les entendre est naturel.
J’aime à écouter les musiques qui m’interpellent, les mélodies qui apaisent, celles qui m’envahissent jusqu’au fond de mon corps. Ces mélodies je les entends sans vraiment les écouter. Il y a celles que je me passe en boucle pour écrire ces bavardages. Elles sont mon jardin secret, tantôt elles véhiculent mes mélancolies d’autres fois elles apaisent mes colères, accompagnent mes joies. Pourtant ce sont les mêmes, chaque fois elles apparaissent dans le même ordre. Elles sont mon inspiration. Je peux ainsi passer des heures à laisser fuir ma plume, l’oreille distraite, peu importe les paroles, c’est la mélodie qui inspire.
J’aimerai pareillement entendre ce que j’essaie d’écouter. Entendre ce que j’aime ne demande pas d’effort, c’est un cadeau que me fait la vie. Ecouter est autre chose, écouter demande de l’attention, un engagement, un effort. Ecouter est une curiosité, une découverte, un appel. Ecouter ce n’est pas toujours entendre, alors tout devient incompréhension, rejet, amertume. Parvenir à entendre ce que l’on écoute est par contre merveilleux ; c’est la chrysalide qui devient papillon, la fleur qui devient parfum, la source qui devient rivière. Le bonheur s’accomplit alors par l’écoute que l’on réussit à entendre.  
                                                                                              Hervé Pillaud

mercredi 21 mars 2012

22 mars 2012 : journée mondiale sur l’eau

L’ONU a fait du 22 mars la journée mondiale sur l’eau. 2012 le thème retenu est « la sécurité alimentaire ». A la FDSEA de Vendée nous pensons que  la question de l’eau doit être traitée avec pragmatisme en combinant performances économique et environnementale. Si nous ne pouvons pas agir sur les sécheresses, nous pouvons en atténuer les conséquences grâce à une meilleure gestion de l’eau. Trop peu de projets de stockage de l’eau ont vu le jour ces 15 dernières années dans notre pays. Pendant ce temps, nos voisins ont investi et développé des solutions. En tant qu’acteur économique, nous devons aussi tenir compte de l’environnement et des ressources naturelles.
Nos demandes portent sur des retenues modestes. L’objectif de la création de ces retenues est de satisfaire les besoins de groupes d’exploitations agricoles et de combiner cette nécessité  avec d’autres besoins : soutien d’étiage, pêche, loisirs... L’eau est un bien essentiel et vital pour l’activité agricole mais aussi pour d’autres secteurs. C’est  pourquoi nous nous inscrivons dans une démarche collégiale. Si nous avions pu mener à bien les projets en cours, nous aurions déjà 150 à 170 millions de m3 supplémentaires de stockage. Or, avec 300 millions de m3 de stockage nous pourrions apporter des solutions à la majorité des difficultés rencontrées de façon de plus en plus récurrente  grâce à une augmentation de l’irrigation de 8 %. Nous avons donc besoin d’une politique nationale  ambitieuse pour l’eau, qui puisse être déclinée par bassin. Nous sommes convaincus  de l’impérieuse nécessité d’être plus performants sur les plans  économique et  environnemental, l’un allant avec l’autre. Nous sommes  aussi convaincus de la nécessité des deux échelons : national et local. Si  nous avons une politique claire au niveau national, il faut en avoir les traductions à l’échelon local. Parmi les acteurs, les collectivités ont un rôle  essentiel à jouer, à condition de sortir d’un certain nombre d’idéologies.
Ci et la en combinant les risques de sécheresse et les promesses électorales nous voyons s’affirmer des positions politiques favorables mais pour l’instant il y a bien peu de passage à l’acte. Nous voulons avancer dans la concertation, déclenchons des initiatives maintenant, pour l’avenir de nos enfants.
Hervé Pillaud

dimanche 18 mars 2012

Là ou j'ai rencontré le beau


http://vendee-grandeur-nature.com/  
Ou est le beau? D'abord dans les choses simples de la vie : gagner convenablement sa vie pour éviter aux siens de connaître le besoin est beau; leur donner l'opulence, susciter l'envie l'est déjà moins. Faire apprécier à ses enfants la valeur des choses est beau et les voir s'épanouir avec les valeurs que l'on a essayé de leur transmettre est la plus grande des satisfactions.

L'engagement est beau, mais pour être beau, il ne doit pas être feint, il doit être réel, il ne doit pas être prétexte à fuir les réalités, à oublier les responsabilités quotidiennes. L'engagement ne se calcule pas, il s'offre sans retour. L'engagement suscite l'admiration, le respect mais expose également aux coups, même les plus bas! L'engagement pour s'accomplir doit assumer l'ensemble, les bons et les mauvais moments à passer. L'engagement n'est jamais solitaire, il demande de regarder ensemble dans la même direction, alors oui dans ces conditions, l'engagement est beau.

La création est belle.  Seule reste la création faite dans l'esprit du beau. Créer  pour amasser est vénal, cela n'engendre que cupidité, jalousie. Créer pour laisser sa marque à l'histoire est présomptueux, créer pour être reconnu est de l'orgueil mais créer pour servir sans se poser d'autres questions, oui cela tient du beau. La beauté dans la création vient de l'âme que l'on y met, alors même futile ou désuète la création sera belle pour qui saura la voir. Créer ensemble,  créer pour un objectif commun ne peut engendrer que beauté. La création de quelque chose de beau demande abnégation, volonté, don de soi.

Le beau s'accomplie s'il est fondé sur des valeurs, un objectif, un rêve même. La création elle, n'a d'intérêt que si elle est aboutie, comprise,  partagée. L'engagement n'a d'intérêt que tourné vers l'autre, pour donner bien sur, mais aussi pour accepter de recevoir, pour avancer ensemble. Alors oui, être créatif dans son engagement est beau si toutes les conditions sont là : les valeurs, les objectifs, la part de rêve mais aussi la compréhension, le partage et l'aboutissement. Sans cela, l'incompréhension s'installe, le doute prend le pas. Pour avancer à nouveau, un retour sur soi est nécessaire pour qui veut aboutir. Il  vient de m'être donné de vivre des moments de doute, d'incompréhension de façon intense,  et l'écrire est un exutoire.

photo de mon ami Stéphane Grossin: Vendée grandeur nature
Retrouver le sens du beau est alors nécessaire. Pour cela que faire ?  J'aurai pu pour me justifier dire du mal mais comme nous l'a dit Boileau "dire du mal de quelqu'un n'engendre que du mal". J'aurai pu tout abandonner : comment auraient réagi mes collègues vendéens, ils n'y sont pour rien.  Je suis simplement parti dans mes prés, là ou le printemps naissant produit du beau. Sans me poser d'autres questions j'ai travaillé jusqu'à l'épuisement. Le soir du coin de la pâture,  la main posée sur la cognée, j'ai levé les yeux, pour vérifier si la clôture posée était droite, juste pour m'assurer que le travail accompli sera beau.  Voyant la clôture bien aligné, je suis reparti serein.

Hervé Pillaud