dimanche 8 juillet 2012

Bonheur de paysan

Je n’avais pas prévu d’écrire ce matin, juste un bon mot, une photo pour vous dire que je reprendrai en septembre. La fatigue, la lassitude, l’inspiration qui ne vient plus, toutes les raisons pour faire une pose.
Il y a eu cette journée d’hier, cette fête entre voisins, entre copains, en famille pour tes soixante ans, Serge, mon voisin, mon ami. Sans le montrer, l’émotion m’a envahi dès que je suis arrivé, voir ton père, ses frères ton beau père tous les quatre assis là, sur le banc. 333ans qui nous regardent, des années de souvenirs, de labeur à travailler la terre. Il y a eu ton frère Jean Marie, ta sœur, milles souvenirs, il y a eu les jeunes, tes enfants, tes nièces, Charly, l’émotion contenu, beaucoup d’émotion.
Les anciens assis là sur le banc, les ainés que l’ont a respecté, ce sont ceux que gamin nous appelions les hommes. Ils ont en eux la mémoire du bocage. Ils nous ont transmis les gestes séculaires du paysan. Tous ont cultivé la terre, elle restera définitivement collée à leurs bottes. Ils ont conduits les bœufs, tracé le sillon dans la terre rouge de la Bouillée « la bollaïlle » disons nous en vendéen. Ils ont fait chez nous la révolution silencieuse, celle qui nous fit passé des bœufs aux tracteurs désormais les plus sophistiqués.  Ils sont là assis, le dos vouté mais le regard fier du travail accompli sur cette terre qui les a vus naitre.
Cette terre passée comme un témoin de génération en génération. La terre ocre qui colle au bottes, terre généreuse quand on la respecte. Elle sait y laisser pousser le blé mieux que nulle part ailleurs sur notre commune. Là, à cet instant, je vois ton frère Jean Marie chanter cette terre : «un matin on m’a dit il faut t’y faire, un matin on m’a dit il faut partir…alors moi je l’ai quitté ma terre, celle qui connu mes premiers pas…c’’était la terre de chez moi… ».http://www.youtube.com/watch?v=jFWhuFqAhAY Je l’ai entendu juste en rêve il ne nous l’a pas chanté, il ne la chante plus depuis le 20 novembre 1997. Une larme coule sur le papier.
A quoi bon pleurer sur ces souvenirs, il y a les jeunes, ils sont là les jeunes. La « bollaïlle » ils savent la faire vivre. Toi, comme ton père et tes oncles avant toi, tu les  regarde fier de ce qu’ils font. Tu es disponible pour le coup de main nécessaire. Les vaches ont quitté la « Bollaïlle » mais elles ne sont pas loin, Jérémy veille dessus avec celles de ses associés. Comme un symbole cette journée vient celer ce passage de témoin. Toute la journée jusque dans la nuit tu nous as offert la fête, mais ça c’est pour nous, les souvenirs nous resterons dans la tête, jusqu'à la prochaine et à la prochaine nous en reparlerons, de celle-ci, des autres, de celles qui font le ciment du bocage.     
Posé la ou ils sont, ces mots sont impudique, la décence eu voulu que je te les donne discrètement. Ecrire ces mots, les rendre public, c’est simplement dévoiler ce que sont les vrais bonheurs, ceux de la vrai vie des gens simple de la terre. C’est simplement ça "un bonheur de paysan".
Hervé Pillaud