dimanche 30 septembre 2012

Se donner à fond

"Les Barboteuses" : équipe féminine de course de baleinières d'Esnandes (17)  
Ma belle fille Amandine première rameuse et ses complices.

 Leur devise : #lagagne dans la bonne humeur 

Se donner à fond, un leitmotiv, une valeur, un credo. C’est ce que font les barboteuses d’Esnandes sur la photo illustrant ce bavardage. 

C’est aussi tout l’engagement d’une vie exposée par Jean René Bernaudeau grand témoin du diner du CERA Je connais Jean René depuis qu’il baroudait de kermesse en kermesse sur les routes de Vendée. Il gagnait la plupart des courses cyclistes amateur sous la houlette d’Henri Vincendeau le fondateur de « système U ». J’ai toujours en mémoire le souvenir à la radio le 26-07-76 aux JO de Montréal. Le gosse de St Maurice le Girard était échappé, personne ne le connaissait, il avait vingt ans, il terminera 7eme. Déjà dans Jean René s’accomplissaient les richesses qui font un champion, elles se nomment le mental, la santé et le talent, dans cet ordre, toujours dans cet ordre.

Le mental, c’est la capacité qu’a chacun à se sublimer. Ce que nous devons activer pour faire face aux situations difficiles. Le mental fixe le point d’arrivée et nous oblige à l’atteindre. Il nous oblige à nous faire violence et exclue toute excuse. Nous sommes maitres de notre destin, responsable de ce que nous faisons. Le mental est fait de volonté, de courage, de don de soi. S’imaginer gamin dans la peau de celui que l’on admire, le vouloir, le vouloir vraiment et travailler pour y arriver.   Alors ni les railleries ni les quolibets n’aurons de prises sur nous. Rêver d’une rose, l’apercevoir là-bas tout au bout du chemin et vouloir aller la cueillir comme un graal. Avancer, avancer toujours, la trouver de plus en plus belle, puis un jour la toucher du doigt, la cueillir et respirer son parfum. Un autre fils du bocage, le maréchal de Lattre, né à deux pas de chez Jean René  avait fait de cette valeur sa devise : « Ne pas subir ».

La santé, l’avoir est comme une insolence pour qui n’en est pas pourvu. C’est le don de nos parents. C’est avec l’éducation le bien le plus précieux, la plus grande richesse qu’ils nous donnent en héritage. La santé nous n’en sommes pas totalement maitre mais nous devons tout faire pour la préserver ; pas facile tout les jours. Les aléas de la vie lui mettent des coups de boutoirs à chaque instant. La protéger ici peut l’altérer là. Trop s’en préoccuper terni souvent le quotidien. Ne pas assez y veiller laisse des séquelles parfois indélébiles. Présager de ses capacités peut être fatal, conduire au doute, inciter à dissimuler, à frauder. Alors tout peut s’enrayer et mener au désarroi, à l’échec. Une valeur doit être inscrite de façon indélébile dans un coin de la tête de qui veut s’accomplir : « Ne pas tricher »

Le talent, ha! le talent, Inscrit dès leur plus jeune âge dans le vocabulaire des rugbymans. Dans leur bouche il s’accompagne toujours de ces mots : le respect, l’humilité, la passion. Ces mots là sont ceux de l’école de la vie, ceux qui ne font pas oublier que pour s’exprimer le talent à besoin de courage, de travail, d’engagement. Nous devons, chaque jour, chaque matin nous redire que seul le talent n’est rien, que pour réussir il faut détester perdre. Se souvenir à chaque instant que le talent ne nous affranchira pas de nous remettre en cause, qu’il faut être plus conscient de nos propres faiblesses que de nos facilités. Le talent c’est la lumière qui est cachée au fond de nous, qu’il nous faut aller réveiller, puis qu’il nous faut travailler, travailler toujours pour lui permettre de s’accomplir. Le jour ou nous le voyons s’accomplir, un danger nous guette, penser que l’on est arrivé, croire que tout peut s’accomplir. « Ne compter que sur son talent, c’est tomber dans la facilité, aller à l’échec. »

Je pourrai pour illustrer ces propos simplement vous citer ce dicton connu dans le monde du rugby : « un match qui ne fait pas mal est un match raté », les propos sont de Walter Spanghéro. Il sait de quoi il parle en termes d’engagement, de coups donnés et de coups reçu. Je pourrai me contenter de citer mon ami Kali (Arnaud Boissières)  qui se prépare à partir dans l’aventure du Vendée Globe : « voir le soleil se lever sur les mers du sud, admirer les grands albatros tourner autour du mat, passer le cap Horn pour remonter l’atlantique jusqu’aux Sables, ça se mérite ». Je préfère laisser à Jean René Bernaudeau le mot de la fin : « avoir découvert ces valeurs en Thomas, Pierre et les autres ; les suivre vers la victoire et seul dans ma voiture verser une larme est le plus precieux des bonheurs. »


Hervé Pillaud    

 

Merci à Cynthia Kari pour son mot du vendredi source d’inspiration : 

Dictons du rugby : "Un match qui ne fait pas mal est un match raté " Walter Spanghero #motduvendredi #lagagne le Rugby #sedonneràfond ;)

Merci à Jean Michel Mousset président du CERA  http://www.le-cera.com/ et à Jean René Bernaudeau pour son témoignage