dimanche 25 novembre 2012

Marie Claude et Jean Paul


Marie Claude et Jean Paul sont un couple d’éleveur. Ils représentent ce que j’aime dans ce métier. Christine mon épouse et moi les connaissons depuis longtemps. Nous avons avec eux quelques points communs : une même passion nous anime, un même objectif partagé à deux cimente nos vie et nous avons ensemble quelques souvenirs que seuls peuvent apprécier ceux qui ont gouté à la fonte d’aluminium.
La passion qui anime Marie Claude et Jean Paul est celle de l’élevage. L’objet de leur intérêt porte une robe blanche : la charolaises, magnifique race de bovins aux cornes fines et au regard malicieux. Leur élevage est réputé et des produits issus de chez eux sont la fierté d’autre élevage bien au delà de nos frontières. Ils en sont fiers, ils le peuvent. Petit à petit, année après année, ils ont construit un troupeau qui sait allier le beau et le bon, le productif et l’harmonieux.
Ensemble, ils ont su conjuguer leurs talents, sublimer les compétences de chacun. La connaissance des animaux innée chez Marie Claude et le bon sens charismatique de Jean Paul on construit leur élevage. Leur vie est un tout, un ensemble harmonieux. Tout est partagé, le travail et le loisir, les nuits et les jours. La communion est totale entre eux, la famille et l’élevage. Le labeur comme les bons moments deviennent fusionnels. Alors aider une vache, la nuit, la vêler au fond de l’étable n‘est plus une contrainte. Accompagner un veau à la vie devient un plaisir partagé. Pas besoin de mots, un regard suffit à l’incarner.
Ces regard, cette complicité, ils savent les partager dans les grand’messe de l’élevage que sont les concours et les salons. De Rennes à Paris, de Magnicourt à la Roche sur Yon, ils les ont tous fait. Préparer les animaux pour ces show, les façonner au fil des heures qui précède le passage devant les experts génère des sensations difficiles à exprimer tant elles sont grandes. Partager à deux la montée d’adrénaline, quand son champion tourne avec ses adversaires sur le ring est intense. Le voir désigner vainqueur est une sorte d’extase, le vivre à deux est une sublimation, on est alors seuls au monde.
Hier Marie Claude et Jean Paul vivaient leur dernier concours. Ils ont reçu la médaille de la chambre d’agriculture, devant les éleveurs, au milieu de l’arène. Tout était réuni, sans que ce ne fût vraiment préparé : la présence indispensable de la famille, les vieux compagnons, Blason le champion à leur coté, celui que Marie Claude appelle « mon nounours », magnifique sujet de 1500kg qui pourrait la broyer mais qu’elle sait conduire avec autorité. Futilité, penseront certain, peut-être, bonheur partagé assurément : le leur, le notre, la vie, la belle vie, simplement.
 Hervé Pillaud