dimanche 5 mai 2013

Régler la charrue en labourant.

"L'imagination est plus importante que la connaissance." Albert Einstein 

    N'en déplaise à ceux qui pensent l’acte dépassé, le labour reste le geste séculaire de l'agriculteur. Décider de mettre la charrue dans la terre est quelque chose d’important. La décision ne doit rien au hasard, elle ne se décrète pas. Le premier sillon est essentiel, c'est celui qui règle la charrue. Pour qu'il soit beau, il faudra adapter l’outil au sol, au jour, au climat du moment. la réussite du premier sillon fera l'abondance de la récolte. Il devra offrir à la graine tout l'espace dont elle a besoin pour s'épanouir et finalement fournir de beaux fruits en abondance.
    L'œil du laboureur mémorise la terre, il connait chaque mètre carré de son champ. Il sait qu'ici il faut lever la charrue, la terre par dessous n'est pas fertile. Il sait que là il peut aller plus profond, les racines y trouveront toute leur aise. Au beau milieu de la parcelle il connait un rocher, il faudra passer doucement, juste l'effleurer pour que le labour reste régulier sans pour autant casser la charrue. Au coin de la parcelle là-bas, la terre pleurait un excès d'eau, il l'a captée et s'en servira ailleurs.
    Le laboureur, le bon, celui qui aura la belle récolte sait être agile. Il le sera dans sa tête pour prendre la bonne décision, celle du jour où il faut mettre la charrue dans la terre ; celle de l'instant ou il faudra la remonter un peu pour garder un labour bien plat. Agile il le sera dans son geste pour réagir quand il faut, comme il faut. Le geste est ancestral, mille fois répété mais mille fois adapté. Il n'est pas deux jours qui se ressemble, il n'est pas deux sillons identiques pour que le labour soit bien plat. Il n'est pas de labour institué pour que la graine trouve son lit.
    Le laboureur de novembre ne sera pas celui de mai mais c'est ensembles qu'ils feront de belles récoltes. Le laboureur de la plaine n'est pas celui du bocage mais c'est ensembles qu'ils font les paysages. Le laboureur de la terre n'est pas celui de l'atelier ni du bureau, mais c'est ensembles qu'ils font un monde meilleur. Toutes les charrues ne sont pas de fer, tous les champs ne sont pas de terre. Nous avons tous une parcelle à labourer. Nous avons tous un sillon à creuser. Nous avons tous besoin de l'agilité du laboureur.
    Je n'ai écrit ces lignes que pour vous faire cliquer celles là http://www.veillemag.com/L-agilite-est-elle-a-la-portee-des-entreprises-francaises_a1225.html et finalement les lire, elles sont bien plus explicites. Mes propos de saltimbanque sont dans l’image, ceux de Jean Pierre Malle sont dans l’argumentation. J’ai simplement voulu vous mettre l’eau à la bouche, vous donner vous aussi l’envie de labourer le champ de votre vie. Au moment où tout n'est que morosité c'est dans le champ de notre volonté d’agir que nous pouvons trouver notre charrue.
    Hervé Pillaud

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