dimanche 7 avril 2013

Une hirondelle fait le printemps


Pas trop envie d’écrire ce matin, pas d’inspiration, trop froid, trop gris, le printemps qui n’en fini pas d’arriver. Même pas envie d’aller voir les bêtes dans les prés, elles cherchent l’herbe qui ne pousse pas. Aller les voir devient pénible, elles me suivent jusqu'à la barrière, me faisant comprendre qu’elles veulent aller voir ailleurs. Elles pensent que l’herbe est meilleure dans le pré d’à coté. Dans le champ devant la maison, la terre attend, encore trop humide, pas question de rentrer dans la parcelle pour y faire quoi que ce soit. Et le calendrier qui avance et même si les tracteurs s’impatientent dans le garage, il faut attendre, attendre!
Attendre en regardant ce mauvais dimanche d’avril ou les oiseaux sont resté calfeutrés dans la haie, la tête dans leurs ailes pour se garantir du froid comme au plus profond de l’hiver. Il n’ont pas un insecte à becter, pas une limasse qui traine, même les limasses se cachent, elles restent sous les pierres du jardin. Une hirondelle a fait son apparition cette semaine dans le garage, elle s’est posée sur la charpente ou elle était l’an dernier, juste au dessus de la voiture. Elle n’est pas restée longtemps, juste le temps de décorer le capot, mais on dit que cela porte bonheur. Elle reviendra dans quelques jours, se reposera au dessus de la voiture pour y passer l’été.
Elle commencera à faire son nid, puis quand le soleil finira par venir, elle va commencer à pondre, restera de longues heures dessus les œufs et puis un matin sans que je m’y attende, un gazouillis plus fort que d’habitude donnera le signe de la naissance. Ils seront, quatre ou cinq, une petite dizaine peut-être à montrer le bout de leur bec au bord du nid. La vie aura repris le dessus, la chaleur aura fait oublié l’hiver trop long. Je n’aurais pas vu le temps passer, il aura fallu retrousser les manches, faire en trois semaines le travail de deux mois, mais qu’importe, tout poussera de partout, les vaches auront de l’herbe et le paysan sera heureux.
Il y a des jours comme ça ou rien ne va plus, ou l’on croit que rien ne va plus et puis non, un sourire au bon moment, un rayon de soleil venu d’on ne sais où  qui rentre par la fenêtre, l’envie qui revient. Prendre les écouteurs blancs, lancer deezer en boucle et se remettre à rêver de beaux jours. Alors en fermant les yeux ne plus penser, oublier la grisaille, retrouver l’inspiration et simplement vous le dire. 
Hervé Pillaud