dimanche 14 avril 2013

Agriculteur : métier passion


Je me suis installé agriculteur en 1980, éleveur de vaches laitières, éleveur de montbéliardes que je suis allé chercher dans les monts et les vaux du Jura trois années de suites. J’y suis allé la première fois sur trois jours les 29 et 30 juin et le premier juillet 1980. J’ai trouvé là-bas les animaux dont j’avais besoin, j’y ai connu des dizaines d’éleveurs passionnés des vaches rouge à tète blanche et beaucoup sont devenus des amis.
Je me suis marié avec Christine le 2 juin 1984 et j’ai dû lui avouer qu’elle devrait me partager avec quarante maitresses que je choyais du matin au soir et quelque fois même la nuit. Elle a accepté, les a même adoptées. Mon troupeau est devenu le sien, les montbéliardes sont aujourd’hui aussi les siennes au point de leurs consacrer beaucoup plus de temps que moi. Cette passion, nous la partageons, nous n’avons pas une vie professionnelle et une vie privée mais une vie ensemble et ça je le souhaite à chacun de vous qui allez me lire.
De quoi est faite cette passion qui nous anime, je ne sais pas vraiment ! Notre métier est dur, mais en est t’il d’honnêtes qui soient  faciles? Notre métier est mal rémunéré, peut-être mais nous l’avons choisi et s’il fallait recommencer je pense que je le referais tant il m’a laissé de satisfactions difficiles à décrire. Notre métier doit être mieux considéré sur bien des points, ça c’est sur et c’est pour ça que je me suis engagé dans le syndicalisme.
Pourquoi je vous dit ça, allez vous penser ! Cette vie, cette passion est la mienne, vous avez les votres. Même si cela vous parait incongru, il est des moments ou on peut exprimer les choses. Jeudi soir, j’étais devant la préfecture de mon département avec les agriculteurs de Vendée à l’appel de la FNSEA pour y manifester nos doléances. Tout va mal, tout est foutu, nous sommes au fond du trou, et bien non. Il y avait là des jeunes déterminés à se faire entendre bien sur, mais surtout déterminés à continuer le métier qu’ils ont choisi.
Certain arboraient ce blouson que vous voyez sur la photo. Ce blouson, ils l’ont eu étant étudiant en gagnant le concours des défis de l’installation. Ils sont céréaliers, producteurs de maïs, de blé ou de colza. Ils sont éleveurs, producteurs de volaille, de lait ou de moutons, peu leur importe, ils sont agriculteurs, façonniers de la terre. Ils l’affirment haut et fort: "On ne nait pas agriculteur, on le devient !" c’est pour ça que nous devons rester résolument optimiste.
Hervé Pillaud