mercredi 24 avril 2013

Pourquoi suis je venu ici ?


Après trois jours au pays du matin frais, il est temps de se poser la question : pourquoi suis je venu ici : surement un peu l’envie de découvrir comment et peut-être pourquoi un pays et derrière lui un peuple est passer en guère plus de quarante ans d’un des dix pays les plus pauvres du monde au douzième rang des pays les plus riches sans posséder dans son sol ni minerais ni pétrole. Ai je eu l’envie de voir un des temples des nouvelles technologies? Oui je peux l'affirmer, ça c’est sur. Qui a t’il de commun entre nous ? Que pouvons nous construire avec eux ? Je n’ais pas encore de réponse à toutes ces questions mais je sais déjà qu’il y a des choses à faire.
Ici la technologie est partout, je vous l’ai laissé apparaitre dans mes précédents billets. Leur secret est dans le déploiement de l’intelligence, demain et après demain nous allons nous immerger dans l’université, je vous en dirais peut-être plus. Leur développement est dût à leur envie d’entreprendre, d’oser pour réussir. Ils sont curieux mais discret, entreprenant mais pragmatiques. Aucun stress ne ressort de leur comportement, ils ont le sourire et vous saluent, ils n’arrêtent pas mais ne courent pas. Vous l’avez compris en me lisant depuis deux jours ces gens que l’on pense de chez nous inquiets d'un hypothétique conflit ne le montre pas et je pense ne s'en préoccupent pas, leurs pensées sont ailleurs.
Que ferons nous avec eux, je ne sais pas encore. La Vendée est loin de Séoul et pourtant des valeurs communes nous animent : entreprendre en respectant nos valeurs, se dépasser pour réussir, nous dire que "ensemble nous pouvons", qu’en réseau nous sommes plus fort. Allons nous donner une suite à cette visite, peut-être, surement même. Ce qui nous a conduit ici est animé d’un esprit de découverte, de curiosité, d’envie de comprendre un pays pas comme les autres. Et de se dire comme George Bernard Shaw même si c'est prétentieux : "Il y a ceux qui regardent ce qui existe et demande pourquoi ? Moi je rêve de ce qui existe pas et je dit pourquoi pas !"
Hervé Pillaud

mardi 23 avril 2013

Petite poucette a des yeux d’amandes


Petite Poucette et petit poucet nous dit Michel Serre ne parlent pas la même langue, la leur est plus riche, elle a de multiples usages que nous avons du mal à appréhender. La langue de petite Poucette et de petit Poucet va au delà des mots. La langue de petite Poucette est celle des usages, tout est diffèrent, tout est nouveau, les réflexes sont nouveaux. Les mots sont plus riches, ils sont plus nombreux, les mots désignent des usages, les mots parlent à tout le monde. Les mots ils sont dits, ils sont écrits, ils sont filmés. Ou sont petite Poucette et petit Poucet, partout, ils sont partout. Depuis ce matin j’en vois partout.
Je ne sais pas si petite Poucette et petit Poucet sont nés au pays du matin frais. Je ne sais pas si c’est bien ou si ce n’est pas bien, mais cela est et ils respirent la fraicheur. Petite Poucette est belle au milieu des cerisiers en fleurs. Elle s’est fait séduisante, le sourire remplie constamment son visage. Elle sourie à son Samsung. Que lui dit t’il ? Qui y a t’il a l’autre bout ? Un petit poucet qui lui dit un mot doux. Elle est belle pour lui, elle est belle pour elle, elle veut respirer la fraicheur du printemps.   Elle s’en va à l’université et le visage plus grave, sur le Samsung elle révise sa leçon. Tout pour petite Poucette doit servir, elle veut associer l’utile à l’agréable.
Elle rentre du travail et pense à faire ses courses. Elle attend le métro devant le mur de produits dont elle a besoin et flashe les étiquettes. Tout à l’heure les sushis  et le bossam l’attendront devant la porte. Elle pose son Samsung sur le portillon du métro et celui-ci s’efface, l’appareil lui sert de laisser-passer.  Elle sort du métro et va dans un magasin aux rayons du maquillage, s’y assoit un instant. Elle tourne son appareil vers la vendeuse pour lui montrer le visage qu’elle veut avoir. Celle-ci acquiesce et lui fait une beauté pour la soirée comme sur l’image. Petite Poucette sourie, sourie encore et pour être plus sur, elle se filme et demande l’avis à son amie.
Petite Poucette est coquette, son Samsung est dans une petite pochette qu’elle porte délicatement. Il est fuchsia pour la faire glamour, rose aux oreilles de lapins ! Oh la coquine. Elle l’ouvre tel un petit carnet, sur l’autre face il y a un miroir, elle se regarde, se rassure tant elle veut être belle. Petit poucet va la rejoindre, il l’attend à l’entrée, ses doigts agiles lui ont envoyés un message. Ensembles ils partiront regardant la petite boite, les pouces inviterons d’autres amis. Ils iront au Starbuck ou le café les attend. La place est réservée ils n’ont plus qu’a s’assoir, la commande est passée.
Elle est partout petite Poucette au pays du matin calme. Est elle née là-bas ? Je ne sais pas. Tout est conçu pour elle. Le Samsung elle l’a eu dans son berceau, il a été construit pour elle. Comment ça marche, elle ne sais pas et s’en moque, ça fonctionne. Elle ne se soucie pas petite Poucette, tout cela est juste pour lui simplifier la vie. Elle est simplement belle, petite Poucette avec ses yeux d’amandes.
Hervé Pillaud

lundi 22 avril 2013

Billet du bout du monde


J’ai pris hier soir l’avion pour Séoul avec une mission professionnelle vendéenne venu voir ce qui se passe dans ce pays associé à des noms désormais aussi prestigieux que Samsung, hyundai, STX, LG et bien d’autres. Quoi vous dire, moi qui n’ai jusqu'à ce matin jamais dépassé deux heures d’avion de la Pitardière. Le dépaysement d’abord, tout ici est diffèrent : calme mais en mouvement, ancré dans ses tradition mais à la pointe de toutes les nouvelles technologies (on trouve de la wifi libre quasiment partout, le paradis des twitos), solidement posé sur des valeurs mais progressiste à l’extrême.
A l’aéroport tout d’abord, un sens de l’accueil naturel, rien ici ne vous stresse, les personnes chargés des contrôles ont le sourire et en aucun cas ne vous suspectent de quoi que ce soit : vous venez chez eux, c’est une marque de reconnaissance pour ce qu’ils font. Ensuite la route vers notre première visite, un pont interminable posé sur la mer, 16 km de béton construits simplement parce que c’était nécessaire. Sur le bord de la route, des grues des chantiers partout, ici des logements, là des bureaux, là-bas encore des usines.
Des zones humides que l’on comble, des terres que l’on conquière sur la mer, le pays manque de surface. Ce qui m’a le plus impressionné c’est le mélange : on trouve au milieu des usines à la campagne, des ateliers d’engraissement de taurillons ou des serres pour cultiver les légumes. Aucun mètre carré n‘est perdu, la terre est un bien rare, ils l’ont compris. Le pragmatisme et l’efficacité sont les deux leitmotivs des habitants de ce pays. Partout, ils créent, inventent, produisent. Faire mieux plutôt que faire plus. Une devise écrite au fronton d’une usine m’a marqué : « Si tu travaille comme les autres, tu ne peut pas être meilleur que les autres »
Cette maxime nous l’avons trouvé chez Soosan, une entreprise spécialisée dans la fabrication hydraulique de marteaux piqueurs et de foreuses. A l’entrée de l’usine, deux choses : le nombre de machines fabriquées par catégorie depuis la création de l’entreprise en 1984 et le nombre de machine exportées. Chaque salarié en embauchant peut le voir et être fier de ce qu’il participe à construire. Non loin de là, à coté du nom de l’entreprise « Soosan » deux choses également : les noms et les drapeaux des clients à travers le monde et la photo des deux salariés les plus méritants de 2012. Cela pourra choquer chez nous, mais ici tous en sont fiers. 
Vous l'avez compris, en une petite journée ce pays m'a conquis. là ou nous imaginons des gens stressés par un hypothétique conflits, eux ne voient que leurs frères du nord qu'il voudrons un jour retrouver. Là ou nous suspectons des copieurs, voleurs de savoir faire, nous avons trouvé de l'ingéniosité et de l'intelligence. Ce que nous croyons être des gadgets de technologie sont des outils au service du développement des hommes. Un homme à réuni dans une phrase cette façon d'être: " ne vous souciez pas d'être remarqué, cherchez plutôt à faire quelque chose de remarquable" Il s'appelait Confucius, et il était...



Hervé Pillaud