dimanche 14 juillet 2013

La sieste

La sieste du village tout entier endormi, silence reposant d’un bel après midi.
La sieste des maisons, volets à demi clos, en plein jour assoupies.
La sieste des cigales à l'ombre d'une pierre, chantant à  demi voix.
La sieste dans le jardin, les feuilles immobiles, le vent s'est apaisé.
La sieste de bébé, il a les yeux fermés et ses lèvres sourient.
La sieste de l'enfant, la tête sur le coté, un pouce qu'il suçote.
La sieste sur drap blanc, photo de jeune fille volée par Hamilton.
La sieste sous un arbre, caché par un chapeau, un jeune homme  en Marcel.
La sieste du moissonneur parti de bon matin, par le travail repu.
La sieste de la fermière, l'échine encore courbée, du jardin revenue.
La sieste du vielle homme, sur un banc assoupi, une main sous le menton.
La sieste de la vielle à demi endormie, repassant les années.
La sieste crapuleuse, à deux dans la moiteur d’une demi pénombre.
La sieste communion, petit instant coquin de deux corps qui exultent.
La sieste avachie, près de toi endormi, ton œil qui m'assassine.
La sieste qui t'emporte dans un tendre sourire de me voir apaisé.
La sieste salvatrice du repos du guerrier à l’heure de grand soleil.
La sieste réparatrice du travailleur repu avant de repartir.
La sieste insouciante de l'enfant innocent des plus belles années.
La sieste institution des villages du sud au soleil de juillet.
La sieste "mariennaille" au fond de ma Vendée.



Hervé Pillaud