dimanche 7 décembre 2014

Quand la spontanéité le pragmatisme et l’authenticité parlent vrai !

"Entre Apocalypse Now  et le monde des Bisounours, il y a une réalité de l’agriculture française qu’il convient de conjuguer plutôt que d’opposer" lançait dans un colloque cette semaine Christiane Lambert avec le sens de la formule qui la caractérise. "Etude Credoc : pour 60% des français, le « made in France est un gage de qualité : mangez français ! " postait sur Twitter Cynthia Kari la plume de la FNSEA sur les réseaux sociaux. "Election Miss France Agricole : élection d'une vrai MISS France, celle qui représente vraiment notre France, avec des femmes de terrain, de vraie femmes quoi !" tel est le titre et le slogan de la page ouverte par Patricia Freyssac sur Facebook donnant aux agricultrice l’opportunité d’afficher leur féminité sur le réseau médiatique. Trois femmes, trois profils, une même volonté, montrer le vrai visage de l’agriculture, des agricultrices et de notre métier.
L’authenticité de la féminité qui peut s’affichée au travers d’un concours de beauté improvisé et la spontanéité d’une opportunité offerte aux agricultrices, tel est le pari lancé par Patricia. Montrer qu'au travers du métier d'agricultrice, il est possible d’être belle, désirable et épanouis au naturel, c'est possible. Cette page sur le réseau nous a procuré un vrai moment de fraicheur. Patricia est  une professionnelle accomplie, fière de son troupeau et une femme passionnée de son métier. Clara Beaudoux en avait tracé un beau portrait il y a quelque mois dans ce reportage Mon veau s'appelle Hashtag . Elle a osé sans complexes et sans arrières pensées prendre l’initiative de permettre a ses collègues de montrer qu’elles sont belles au travers de leur métier. Spontanément elles ont répondu et c’est tant mieux.
De jours en jours, semaines après semaines au delà des clichés et des vicissitudes, elle s’évertue à montrer que l’agriculture de notre pays dans sa diversité et sa pluralité produit de belles choses et est un bien précieux, une chance pour notre pays. Afficher la réalité du travail des agricultrices et des agriculteurs de notre pays, montrer que rien n’est dû au hasard, que notre nourriture à une histoire, rassurer le consommateur, être le lien entre le réseau de notre organisation et les réseaux virtuels  tel est le travail de Cynthia Kari à la FNSEA. Là aussi spontanéité, pragmatisme et authenticité sont nécessaires pour parler vrai.
Il y a des mots qui portent quand ils sonnent vrai ! Tordre le cou aux clichés qui s’enkystent dans la mémoire collectives n’est pas chose facile. Christiane Lambert sait mieux que quiconque s’employer avec courage et détermination à cet exercice. Faire les choses, s’atteler à des chantiers quelque fois ingrat avec réalisme et volonté puis dire ce que l’on fait n’est pas toujours facile. C’est malgré tout à ce prix que l’on avance. La parole sur les médias sociaux quand elle est forte n’est crédible que si elle s’appuie sur un vrai travail au quotidien. Il n’y a pas de place pour le superficiel et seule l’authenticité permet la crédibilité. La spontanéité, le sens de la formule viennent par surcroit mais c’est bien sur le fond que repose le jugement.
Trois femmes, trois situations pour porter le vrai visage, l’authenticité de notre métier. Est ce un hasard, je ne pense pas ! Spontanéité, pragmatisme et authenticité sont des valeurs essentielles pour être crédible sur les réseaux sociaux. Sans flagornerie, je pense que les femmes sont plus douées que les hommes pour cela. Patricia a saisi spontanément l’opportunité de l’élection des miss pour permettre aux agricultrices d’afficher qu’elles sont belles dans leurs champs et leurs étables. Cynthia chaque jour remet sur le chantier son ouvrage pour que l’authenticité ai raison des clichés. Christiane incarne partout ou elle est le pragmatisme qui caractérise le métier d’agricultrice. Le sens de la spontanéité, le pragmatisme et l’authenticité, sont peut-être les raison pour laquelle là ou tant d’hommes échouent, une femme peut réussir.

Hervé Pillaud


vendredi 21 novembre 2014

Je l'ai rêvé, nous l'avons réalisé. Merci !

« La Vendée a su concilier la modernité, les valeurs traditionnelles et le progrès. » tels sont les mots de Bruno RETAILLEAU lors de sa visite officielle, ce jeudi 20 novembre, à Tech’Elevage 2014. Ce salon, c’est avant tout un événement unique. Fait pour les éleveurs et par les éleveurs, Tech’elevage se veut professionnel et convivial. Le leitmotiv du salon : CRÉATION ! L’édition 2014 a rassemblé presque 8000 visiteurs sur les trois jours, preuve que le monde agricole Vendéen se préoccupe de son avenir. Mais pas seulement ! Un événement de cette ampleur nous prouve que tous les vendéens se sentent concernés par l’avenir de leur terre. Exemple avec « A-Green Startup », nouveauté de cette édition 2014, qui met en avant les projets numériques novateurs pour l’agriculture. Différents pitchs ont été présentés par des étudiants de tous les horizons, simplement soucieux de l’avenir agricole et de la préservation de leur terroir.  En lien avec « A-Green Startup », « A-Green Proto » a remis le prix du meilleur prototype à l’application d’accompagnement à la pesée des bovins sur les lunettes connectées. Nous tous aujourd’hui avons conscience que l’avenir, c’est l’innovation ! Innover oui, mais réussir à travers l’axe de création, là est la véritable réussite. Ce salon, c’est aussi un moment de partage et d’échange, outre les différentes conférences organisées pendant ces trois jours, cette édition 2014 a créé un espace convivial au cœur du hall d’exposition appelé « Le bar de l’innovation. »  Le but ? Présenter les différentes solutions techniques de demain. Nous sommes à l’aube d’une troisième révolution industrielle et agricole. Nous tous avons conscience que l’avenir, c’est le numérique. Tech’Elevage montre que la Vendée sait allier tradition et innovation.
Nous ne construirons l’avenir que sur un socle solide, la Vendée a ce socle : pendant ces trois jours, les visiteurs ont aussi pu assister à de nombreux concours de races bovines. Une manière de féliciter les éleveurs pour leur travail. C’est d’ailleurs avec une forte émotion que j’offre une pensée spéciale à ma génisse « Girouette », gagnante de sa section,  source de bonheur et de fierté. Comme l’a si bien dit mon ami et maire de la ville de La-Roche-sur-Yon, Luc BOUARD, « le travail des municipalités est d’accompagner les agriculteurs dans leurs projets. » Je ne peux que me rallier à ses pensées en tant que président de Tech’Elevage mais aussi en tant qu’éleveur. Tech’Elevage est une belle réussite qui nous comble tous de joie. Je remercie tous ceux qui sont présents avec moi dans cette belle aventure qui prospère et évolue au fil des années. Avec une pensée  et des remerciements sincères à Axelle Lemaire, secrétaire d’état chargée du numérique.  

Vendée, terre de créativité, nous ferons de notre territoire celui de "l’Agri French Tech".

Hervé Pillaud avec la complicité de Hélène Bescond

jeudi 30 octobre 2014

La rivière Espérance

Je ne sais pas si la comparaison est opportune, mais au moment où la retenue collective de Sivens défraie la chronique, je veux apporter en témoignage ce que nous avons mis en place il y a 25 ans en Vendée.
Dans les années 80 les jeunes agriculteurs que nous étions s’installaient par centaine. Sur de petites fermes, nous développions toute sortes de productions : du lait, de la viande bovine, du porc, mais également des céréales, des vergers, des cultures légumières. L’enthousiasme et l’envie d’entreprendre étaient la règle. Nous nous sommes endettés pour faire passer l’agriculture de la quasi autarcie à des fermes rentables capable de faire vivre une famille. Tout était à faire : nous fondions nos familles en même temps que nous installions nos entreprises. Dans ces années 80 nous avons connu une succession de sécheresses qui mettaient à mal le devenir de nos exploitations. Pour sécuriser nos entreprises, les installations d’irrigation fleurissaient partout autour du Lay, petit fleuve côtier qui traverse la Vendée. Bien des étés nous avons mis à mal notre rivière et vite nous avons pris conscience qu’il nous fallait chercher des solutions. De 1986 à 1989 nous avons regardé toutes les hypothèses pour stoker l’hiver toute l’eau dont nous avions besoin pour arroser nos cultures l’été. En 1989 nous avons abouti à trois projets pour réalimenter notre rivière, les études étaient faites, les financements trouvés, les chantiers pouvaient commencer.
Le climat, lui, ne nous a pas attendu et le 21 juin 89 la sentence tombait : « Interdiction totale de prélever de l’eau à des fins d’irrigation sur le Lay et ses affluents » ; ce n’était pour nous simplement pas possible, alors nous avons dit : « Non ! Non nous n’arrêterons pas nos pompes, mais nous trouverons des solutions pour ne pas mettre à mal les équilibres naturels». Les pouvoirs publics conscients de notre détermination nous ont dit « banco, nous vous faisons confiance mais nous voulons une rencontre hebdomadaire pour suivre l’état du milieu et nous exigeons la présence de la fédération des pécheurs » : elle a légitimité à participer à cette expérience. Nous avons réuni tous les irrigants, mis en place les règles de répartition de l’eau, chaque jour il nous fallait des bras pour mettre en œuvre des solutions pour fournir de l’eau à chacun. En un été nous avons créé la confiance, nous avons fédéré les acteurs, créé des liens. L’enthousiasme a vite pris le pas sur les craintes, la confiance s’est installée, tout devenait possible. Nous avons passé l’été sans que l’administration n’ait eu à réglementer, aucun irriguant n’a transgressé les règles que nous établissions ensemble semaine après semaine.
De 1990 à 1992 nous avons construit de quoi fournir de l’eau à tous ceux qui en avaient besoin. Une capacité de stockage de dix millions de mètres cubes d’eau à été créé sur plusieurs sites. Nous avons fait transité cette eau vers la rivière dans tous les sens. Tous les champs pouvaient être irrigués, les paysans n’avaient plus à craindre la sécheresse, la crainte du manque de fourrages laissait la place aux projets d’avenir. Dans le même temps les nénuphars, qui n’étaient plus qu’un souvenir nostalgique, sont revenus, les gougeons dont nous avions perdu le gout ont pu revenir dans nos assiettes.
Durant huit années de 1989 à 1997 nous avons fait évoluer toutes ces installations. C’était un projet d’agriculteurs avec le soutien des pouvoirs publics. Les circonstances de la vie nous ont apporté leurs lots de joies et de peines. En 1997 mon ami Vincent avec lequel nous avons mis en place tous ces équipements nous quittait, il n’est pas de jour sans que je ne pense à lui. Dans les campagnes du Tarn, il y a également des agriculteurs qui veulent simplement trouver un avenir pour leur entreprise. Il y a aussi des Vincent capables d’emmener les autres agriculteurs dans des projets d’avenir. Nous avons fait du Lay « la rivière espérance » et j’en suis fier. Sivens sera un beau « lac espérance » qu’aucun zadiste professionnel ne pourra arrêter… si nous le voulons !
                       Hervé Pillaud     

dimanche 28 septembre 2014

Meules bleues : Hier, j’avais 14 ans !

La crise, mais quelle crise, elle est ou la crise ?
Hier sur les routes de Vendée de la Roche sur Yon à la Rabateliere village charmant de 900 âmes au milieu de nul part on pouvait se le demander. 150 chefs d’entreprises ont enfourché une mobylette bleue pour se dire, dire avec leurs collaborateurs, dire aux vendéens qu’il ne sert à rien de se lamenter, que la solution nous l’avons en nous.
Il y a quelques mois, ils se sont lancé un défi, celui de se rassembler autour d’un évènement fédérateur : Le Grand Prix de la Meule Bleue. Pourquoi une "meule bleue" : je l’ai dis il y a quelques semaines au moment ou nous commencions à préparer l’événement dans un billet Une Meule pour la Vendée ! Ne cherchez pas trop d’explication ni de signification philosophique à l’évènement, il n’y en a pas. Juste l’envie de rire ensemble, donner le sourire, partager une blague de potache. Si je devais néanmoins en donner une, ce serait : 2014, le début de l’adolescence d’un siècle qui se construit.
Hier matin sur la place Napoléon, centre symbolique de la Roche sur Yon il régnait une Ambiance Cote Ouest. L’envie de se lâcher, d’aller au bout du délire, au bout de soi, au bout de son projet. Imaginez 150 mobylettes bleues alignées, un pique-nique géant, des milliers de badauds venus de partout, de Vendée et d’ailleurs, et par dessus tout un point commun : le sourire, l’envie de partager, d’échanger de s’embrasser, de vivre c’est tout. Des milliers de photos, de films, un stand pour se prendre en photo et se retrouver sur facebook, un orchestre, un défilé de samba. Plus qu’un remède anti-crise, une façon de voir l’entreprise autrement, faite d’altruisme, d’empathie, de solidarité.
14 heures, des sourires partout dans les rues, les 150 meules sont alignées sur le coté droit de la rue Clémenceau, la rue commerçante de la ville, 150 pilotes cape bleue sur les épaules et casque rose sur la tête de l’autre coté de la rue façon « bol d’or » prêt à bondir vers leur machine. Les gens qui rient, qui rient encore, la joie de vivre qui se mêle au soleil de ce samedi de septembre. Le maire, le président du conseil général et Philippe Maindron, le plus déjanté d’entre nous qui remontent la rue debout à l’arrière d’une meule pour donner le départ. Le délire qui part se propager sur les routes de Vendée derrière une caravane de 150 véhicules façon tour de France.
Dans le ciel un hélicoptère suit la "course", des motos, des photographes, des gendarmes quelque fois inquiets mais également heureux d’être de l’évènement. La route qui défile et partout, à chaque carrefour, des gens, beaucoup de gens et encore des sourires, beaucoup de sourires. Chaque village a sorti sa fanfare et ses majorettes, partout le maire nous accueille sans que nous n’ayons rien demandé. Partout des encouragements, des mercis et des yeux qui pétillent, c’est notre plus belle récompense.
Il est presque 17h quand La Rabatelière nous accueille, les rues sont pleines, la musique est partout dans les rues, 150 bidons « Grand prix Meules Bleues : le 27 septembre j’y étais » ont été disposés e cercle, nous y rangeons nos meules pour un dernier délire : nous reprenons les tambours du Bronx pour que dans un échos le monde entier nous entende. Jusqu'à tard, très tard dans la nuit, nous avons chanté, dansé, fait la fête sans avoir envie de nous quitter comme si ce jour devait devenir une éternité.
Hier sur les chemins de Vendée un ange porteur d’espoir est passé. Hier sur ma meule bleue, j’avais 14 ans !

Hervé Pillaud 

dimanche 10 août 2014

Juste un petit mot comme ça en passant !

"Le bonheur n’est pas l’absence de douleurs et de peines. Le bonheur est l’art de naviguer à travers les difficultés avec de la résilience et une confiance inébranlable."  
Mitsiko Miller

Si le doute parfois s'empare de vous, pensez y... simplement !

Bonnes vacances en quête de soleil improbable... 
mais le soleil de l'été ne fait pas un bel 
arc-en-ciel sans qu'il n'y ai de la pluie ;)

Hervé Pillaud

dimanche 20 juillet 2014

Le moulin de Gaston



C’est un trou de verdure où coule une rivière.
Il est calme et paisible, l’eau y trace le chemin.
Au milieu des pâtures, ou paissent les troupeaux.
Fait de pierre et de briques, il est notre moulin.
Petite bonbonnière, posé là sur la berge, éclairé de soleil.
Ses murs n’ont aucun style mais ils ont une histoire.
Celle de l’eau qui y passe, guidée par la chaussée.
Vers l’artère du moulin, la digue ici posée accompagne son cours.
Avec toute sa force, elle pousse chaque palle, fait avancer la roue.
La roue qui à son tour, vient animer la pierre qui va moudre le grain.


Tout ça c’était hier, au temps de sa splendeur quand il était utile.
La roue ne tourne plus depuis déjà longtemps, il n’y a plus besoin.
La meule s’est arrêtée, il n’y a plus de grain pour venir la nourrir.
Le blé de la moisson ailleurs s’en est allé, a pris d’autres chemins.   
Le meunier est parti, emportant avec lui son sac à souvenirs.
Laissant là son moulin, faisant fi du passé, sans regarder derrière.
Le moulin reste seul, au bord de sa rivière, il est une mémoire.
Mémoire de ce temps ou l’odeur de farine se mêlait à la sueur.
Mémoire de la voix du meunier au travail fredonnant sa chanson.
Mémoire de la vie qui grouillait en ce lieu tout au long de l’été.

Mais le moulin revit, pour de nouveaux usages, il a d’autres attraits.
Son calme et sa fraicheur font maintenant son charme.
Il est lieu de repos, de jeux et de vacances pour citadins fourbus.
Il leurs chante la nuit, pour les faire rêver, la chanson du meunier.
Juste en fermant les yeux, ils découvrent la meule qui aplatie le grain.
Alors juste pour leur plaire, la roue majestueuse s’est remise à tourner.
La musique que fait l’eau en passant, est comme un doux murmure.
La chaussée réparée, désormais toute neuve, à nouveau retient l’eau.
Gaston repose en paix au ciel des meuniers, de là-haut nous regarde.
L’eau sur la chaussée continue de couler en chantant à la vie.


Hervé Pillaud