dimanche 15 juin 2014

La boite à soleil

TEDx Vaugirard road 2014 le 12 juin 2014
La frénésie du changement nous envahie, l’innovation est dans l’air, le frémissement d’un souffle nouveau est perceptible ! Les choses sont encore timides, nous préférons améliorer fébrilement l’existant plutôt que de rompre avec l’ordre établi. La chose n'est pas facile, mais pas impossible. Ce qui était simplement impensable il n’y a pas si longtemps peut s’envisager. Une prise de conscience est faite, j’en suis sur, cela crée de l’inquiétude, de la fébrilité mais les lignes bougent !

Vous avez dit : bougez les lignes ! Alors c’est quoi bouger les lignes ?
Il y a ceux qui tentent et c’est déjà beaucoup. Il y a ceux qui font, et là c’est essentiel, ils sont des bâtisseurs de lendemain. Il y a ceux qui acceptent d’en parler, de témoigner pour donner l’exemple, et pourquoi pas nous faire rêver, ils sont les concepteurs d’un monde qui renait. Il faut le faire savoir, alors pour ça il y a des gens qui affichent ce changement, des gens qui veulent montrer ce qui va.  Stéphane Roger et son équipe du TEDx Vaugirard road sont de ceux là. Jeudi soir ils ont donné la parole à une dizaine d’amplificateurs de bonheur. En un petit quart d’heure, chacun d’eux va nous séduire en donnant le meilleur de lui même. Ils sont cultivateurs d’empathie diffusant de l’amour. Amour, il faut oser le mot, parce que pour donner le maximum, le meilleur de soi même, il faut aimer. Aimer les autres mais aussi aimer ce que l’on fait car la meilleure façon de faire partager quelque chose c'est de l'aimer. C’est peut-être simplement ça bouger les lignes ?
Qu’est ce qui m’a incité à me déplacer jusqu'au théâtre Bobino jeudi soir ? La curiosité et la connaissance de quelques personnes dans l’équipe organisatrice, certainement. Un déjeuner partagé il y a quelques semaines avec Stéphane Roger l’organisateur assurément. Cet homme, d’apparence fragile et un brun timide, suscite avec une simplicité déconcertante l’envie d’aller voir de l’autre coté de la haie ce qui se passe. Et puis ce qui m’a motivé au dessus de tout je pense, c’est d’avoir à l’intérieur de moi cette envie de m’imprégner de l’esprit TED. Ce mouvement qui nous dit que le partage est un multiplicateur de connaissances qui s’enrichit de ce que chacun apporte. La connaissance est infinie mais c’est un miroir brisé, chacun en a un petit morceau. La connaissance est collégiale, c’est à partir du partage de la connaissance que nous construirons demain. Comprendre que le partage, quand il s’agit de connaissances,  est un multiplicateur, c’est peut-être ça aussi bouger les lignes ?  
Ce partage jeudi soir, il a débuté par un peu de gymnastique, Stéphane nous a demandé de nous retourner sur notre siège et de nous présenter aux personnes assises derrière nous, il fallait y penser ! Derrière moi deux personnes, d’un âge certain semblant tout ignorer de l’univers dans lequel ils se trouvent. Ils me disent être les parents d’une des intervenantes. Quand elle nous fera vibrer au travers des cordes de son violon un peu plus tard, un regard échangé avec son papa, un sourire perçu sur ses lèvres m’en dira long sur sa fierté. Elle est arrivée à nous convaincre que la musique peut donner du sens à la vie. Il ne découvrait pas sa fille, c’est évident. Il a pu apprécier la façon dont la salle à  pu communier avec elle, et ça il en a été fier. Le partage il a continué lors de l’entracte avec le petit diner qui nous était offert. Ce n’était pas un buffet, on  nous a distribué des sacs avec la nourriture pour trois personnes. L’objectif était de nous inciter à continuer l’échange au travers de rencontres fortuites autour de ce repas partagé. Ces échanges, ces instants partagés sont peut-être le premier mouvement des lignes qui bougent tant ils sont à sommes positives.
L’intégralité des interventions vous la trouverez ici dans quelques jours. Je ne vais pas essayer de vous les résumer, je ne pourrais que mal les retranscrire. Je veux simplement partager avec vous la force des mots glanés au hasard de la soirée. Ils sont les pièces d’un puzzle désormais gravé dans mon imaginaire. Il y a la connaissance que l’on apprend plus des gens que l'on apprend des livres. Il y a la peur vaincue qui permet d'explorer l’incertitude pour en faire quelque chose de positif. J'ai apprécié d'entendre que l'on gagne plus à accepter de vivre l’instant présent que de le juger. J’ai appris que l’économie est à régénérer et que l'usage va prendre le pas sur la propriété. J'ai bien retenu que l’on n’arrête pas les vagues mais que l’on peut apprendre à surfer. De là, j’ai compris qu'il faut rester soi même, ouvrir la boite à soleil, tenter d'y capturer Hélianthe et là se rendre compte que les lignes on les a bougées !   
Hervé Pillaud