dimanche 20 juillet 2014

Le moulin de Gaston



C’est un trou de verdure où coule une rivière.
Il est calme et paisible, l’eau y trace le chemin.
Au milieu des pâtures, ou paissent les troupeaux.
Fait de pierre et de briques, il est notre moulin.
Petite bonbonnière, posé là sur la berge, éclairé de soleil.
Ses murs n’ont aucun style mais ils ont une histoire.
Celle de l’eau qui y passe, guidée par la chaussée.
Vers l’artère du moulin, la digue ici posée accompagne son cours.
Avec toute sa force, elle pousse chaque palle, fait avancer la roue.
La roue qui à son tour, vient animer la pierre qui va moudre le grain.


Tout ça c’était hier, au temps de sa splendeur quand il était utile.
La roue ne tourne plus depuis déjà longtemps, il n’y a plus besoin.
La meule s’est arrêtée, il n’y a plus de grain pour venir la nourrir.
Le blé de la moisson ailleurs s’en est allé, a pris d’autres chemins.   
Le meunier est parti, emportant avec lui son sac à souvenirs.
Laissant là son moulin, faisant fi du passé, sans regarder derrière.
Le moulin reste seul, au bord de sa rivière, il est une mémoire.
Mémoire de ce temps ou l’odeur de farine se mêlait à la sueur.
Mémoire de la voix du meunier au travail fredonnant sa chanson.
Mémoire de la vie qui grouillait en ce lieu tout au long de l’été.

Mais le moulin revit, pour de nouveaux usages, il a d’autres attraits.
Son calme et sa fraicheur font maintenant son charme.
Il est lieu de repos, de jeux et de vacances pour citadins fourbus.
Il leurs chante la nuit, pour les faire rêver, la chanson du meunier.
Juste en fermant les yeux, ils découvrent la meule qui aplatie le grain.
Alors juste pour leur plaire, la roue majestueuse s’est remise à tourner.
La musique que fait l’eau en passant, est comme un doux murmure.
La chaussée réparée, désormais toute neuve, à nouveau retient l’eau.
Gaston repose en paix au ciel des meuniers, de là-haut nous regarde.
L’eau sur la chaussée continue de couler en chantant à la vie.


Hervé Pillaud