dimanche 28 septembre 2014

Meules bleues : Hier, j’avais 14 ans !

La crise, mais quelle crise, elle est ou la crise ?
Hier sur les routes de Vendée de la Roche sur Yon à la Rabateliere village charmant de 900 âmes au milieu de nul part on pouvait se le demander. 150 chefs d’entreprises ont enfourché une mobylette bleue pour se dire, dire avec leurs collaborateurs, dire aux vendéens qu’il ne sert à rien de se lamenter, que la solution nous l’avons en nous.
Il y a quelques mois, ils se sont lancé un défi, celui de se rassembler autour d’un évènement fédérateur : Le Grand Prix de la Meule Bleue. Pourquoi une "meule bleue" : je l’ai dis il y a quelques semaines au moment ou nous commencions à préparer l’événement dans un billet Une Meule pour la Vendée ! Ne cherchez pas trop d’explication ni de signification philosophique à l’évènement, il n’y en a pas. Juste l’envie de rire ensemble, donner le sourire, partager une blague de potache. Si je devais néanmoins en donner une, ce serait : 2014, le début de l’adolescence d’un siècle qui se construit.
Hier matin sur la place Napoléon, centre symbolique de la Roche sur Yon il régnait une Ambiance Cote Ouest. L’envie de se lâcher, d’aller au bout du délire, au bout de soi, au bout de son projet. Imaginez 150 mobylettes bleues alignées, un pique-nique géant, des milliers de badauds venus de partout, de Vendée et d’ailleurs, et par dessus tout un point commun : le sourire, l’envie de partager, d’échanger de s’embrasser, de vivre c’est tout. Des milliers de photos, de films, un stand pour se prendre en photo et se retrouver sur facebook, un orchestre, un défilé de samba. Plus qu’un remède anti-crise, une façon de voir l’entreprise autrement, faite d’altruisme, d’empathie, de solidarité.
14 heures, des sourires partout dans les rues, les 150 meules sont alignées sur le coté droit de la rue Clémenceau, la rue commerçante de la ville, 150 pilotes cape bleue sur les épaules et casque rose sur la tête de l’autre coté de la rue façon « bol d’or » prêt à bondir vers leur machine. Les gens qui rient, qui rient encore, la joie de vivre qui se mêle au soleil de ce samedi de septembre. Le maire, le président du conseil général et Philippe Maindron, le plus déjanté d’entre nous qui remontent la rue debout à l’arrière d’une meule pour donner le départ. Le délire qui part se propager sur les routes de Vendée derrière une caravane de 150 véhicules façon tour de France.
Dans le ciel un hélicoptère suit la "course", des motos, des photographes, des gendarmes quelque fois inquiets mais également heureux d’être de l’évènement. La route qui défile et partout, à chaque carrefour, des gens, beaucoup de gens et encore des sourires, beaucoup de sourires. Chaque village a sorti sa fanfare et ses majorettes, partout le maire nous accueille sans que nous n’ayons rien demandé. Partout des encouragements, des mercis et des yeux qui pétillent, c’est notre plus belle récompense.
Il est presque 17h quand La Rabatelière nous accueille, les rues sont pleines, la musique est partout dans les rues, 150 bidons « Grand prix Meules Bleues : le 27 septembre j’y étais » ont été disposés e cercle, nous y rangeons nos meules pour un dernier délire : nous reprenons les tambours du Bronx pour que dans un échos le monde entier nous entende. Jusqu'à tard, très tard dans la nuit, nous avons chanté, dansé, fait la fête sans avoir envie de nous quitter comme si ce jour devait devenir une éternité.
Hier sur les chemins de Vendée un ange porteur d’espoir est passé. Hier sur ma meule bleue, j’avais 14 ans !

Hervé Pillaud