dimanche 5 avril 2015

Pas de cochons, pas de jambons !

Lettre ouverte à Yannick Moreau député de la Vendée

Monsieur le député, Cher Yannick.

Vous parlez allègrement au nom de la Vendée, vous faisant échos de sentiments que vous croyez être ceux de l’ensemble de vos concitoyens. Vous faites votre, les réussites de notre département. C’est de bon ton pour un honnête  député  de s’approprier les belles réalisations du territoire auquel il doit sa situation. Dans quelques mois, de la même façon , vous allez vous venter de la réussite du Vendée Globe. Vous vous réjouissez comme nous tous des emplois que procure les beaux fleurons de l’agroalimentaire vendéen; secteur phare de l'industrie locale dont une des entreprises des plus charismatique est liée à la course mythique. Vous me permettrez de souligner que c’est avant tout le dynamisme des chefs d’entreprises vendéen et le volontarisme de leurs salariés qui font cette réussite. Ce sont ces forces vives qui font la Vendée et la jeunesse de votre carrière politique, ne doit pas vous faire oublier que pour le moment, vous devez plus à la Vendée qu’elle ne vous doit.
Ces jours derniers, vous vous êtes répendu sur les réseaux sociaux , d’abord de cette affirmation : « la Vendée ne veut pas d’usines à cochons !... Je manifeste samedi aux Sables d’Olonne contre les dérives dangereuses de l’agriculture industrielle… » suivi d’un argumentaire aussi grandiloquent que racoleur, n'hésitant pas au passage de prendre à parti madame Royale et l’état ; c'est facile et cela ne mange pas de pain, tout est bon pour flatter l’électorat ! Vous avez par la suite fait état de votre présence samedi à cette manifestation en n’omettant pas de vous excuser de devoir vous afficher auprès de représentants du mouvement ATTAC que vous semblez considérer comme peu fréquentables, continuant par les mêmes envolées lyriques sur ce que vous idéalisez devoir être le territoire vendéen tel un Don Quichotte voulant défendre son moulin.
Je ne partage pas les idées défendues par le mouvement ATTAC, mais je leur reconnais le mérite de la cohérence. En résumant de façon surement trop simpliste leurs idées, je note qu’ils sont pour une décroissance qu’ils jugent salvatrice et le plus souvent ils l’assument jusqu’au bout. S’ils sont contre la mise en place d’un atelier d’élevage qui ne correspond pas à leur idéologie, ils contestent de ma même façon les entreprises agro alimentaires qui s’approvisionnent dans ces ateliers. Ils sont les chantres d’un modèle qu’ils appellent "l'agriculture paysanne" : approvisionnant localement les consomateurs en circuit court. La Vendée avec ses belles entreprises agroalimentaire dans la salaisonnerie, les pizzas et plats cuisinés, et autres beaux fleurons de l’industrie du canard gras n’est donc pas pour eux un modèle à défendre.
Vous me permettrez monsieur le député de vous demander si vous défendez également ce modèle agricole ? Si votre réponse est oui, j’aimerais entendre de votre bouche ou lire de votre plume la même dénonciation des approvisionnements des fleurons de l’agro-alimentaire vendéen et même du label rouge « Jambon de Vendée ». J’espère au moins que vous n’ignorez pas l’origine de l’approvisionnement de nos salaisonniers locaux. Certes le plus souvent, les cochons qu'ils cuisinent ne viennent pas de Bretagne, territoire selon vos termes abandonné à la pollution de façon inconséquente, ils viennent de  pays d’Europe du Nord ou d’usines espagnoles ou le projet que vous dénoncez n’est qu’un petit atelier artisanal. Si l'approvisionnement de nos entreprises vous soucie autant que l'installation sur notre territoire d'outils de production compétitifs,  il va vous être de plus en plus difficile de vous targuer de la réussite de ce beau département. 
Monsieur le député je vous demande simplement un peu de cohérence et de courage politique. Osez dire que vous ne voulez plus d’approvisionnements pour notre industrie venant de modèles de fermes qui ne correspondent pas à votre vision de l’agriculture. Prenez les dispositions législatives en ce sens au risque de voir fermer les entreprises agro alimentaire vendéennes. Faite le, assumez le chômage qui en découlera. Faites le, ou acceptez que les agriculteurs vendéens puissent être compétitif en installant des ateliers qui de surcroit sont des modèles d’intégration environnementale. L’atelier que vous dénoncez, n’est pas un projet "industriello-financier", il est fondé sur le modèle vendéen d’agriculture collaborative qui a fait la réussite de ce département bien avant que vous n’y mettiez les pieds !  

Monsieur le député le racolage politique ne doit pas tout permettre.
Recevez néanmoins cher Yannick l’expression de mes sentiment les meilleurs.

Hervé Pillaud

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